A sa sortie, j'ai vu l'affiche, devant l'un de mes cinémas préférés, et je me suis aussitôt dit : " ce film-là, je veux le voir " . Hier soir, pas le choix, c'est la dernière chance ( la dernière séance je pense). Dans la salle, pas un souffle, pas un mot, le silence le plus absolu, chacun est happé par le film.
LE RUBAN BLANC - de Michael Haneke
Palme d'or, Cannes 2009
Noir et blanc numérique d’une élégance glaciale, aucune musique d’accompagnement (dans la tradition d’Haneke), un vieux narrateur qui déclare de ne pas être certain de ce qu’il raconte, deux heures et vingt pour ce voyage dans les mystères d’une communauté protestante à la Spoon River.
La forte présence de la religion (de l’hypocrisie), le pouvoir des figures autoritaires, un médecin, un baron, un pasteur, et tous les pères, n’arrivent pas à imposer l’ordre qu’eux-même ne respectent qu’en surface, ou dont ils abusent avec violence, psychologique et physique.
D’un côté nous avons les prodromes de la première guerre mondiale, qui fera exploser les tensions souterraines des pays d’Europe, de l’autre côté nous avons une version en maquette de ces manoeuvres dé-stabilisantes, ces pressions cachées, dans le village que nos personnages habitent.
Ce qui est caché exerce toujours une force sur la surface, on voit bien cette force agir sur les personnages, perturber l’ordre, et se manifester dans des éclats de violence (toujours cachée, dans le style d’Haneke).
La culpabilité et la perversion ne sont qu’un produit social ; voilà une société qui a donc tout à fait l’intérêt à garder le secret sur ses responsabilités, et qui par conséquent préfère toujours le gossip à l’enquête, cacher l’horreur plutôt que faire face aux contradictions du système et regarder dans les yeux le fruit malade de la société.
Une Palme d’Or très méritée pour un film qui s’impose comme un classique, une oeuvre solide, avec un style mesuré, une perfection tout à fait diabolique, une parfaite correspondance entre la forme et le contenu. Fidèle à ses propos et à son style, Haneke arrive à s’innover et à se dépasser encore. Un peu dur au début, le film prend le temps qu’il faut pour gagner l’attention, la confiance et enfin l’adoration fiévreuse du spectateur : ses efforts sont enfin bien récompensés, comme d’habitude dans le grand cinéma d’Haneke.
Oppressé comme le monde que Mickael Haneke nous décrit et dont les principales victimes sont les enfants (en fait, les plus faibles) qui, sous le joug d’une éducation répressive et placée en permanence sous le signe de la culpabilité et de la punition, se muent en bourreaux inquiétants. « On peut être inhumain en croyant faire au mieux pour ses enfants », disait le réalisateur lors de la présentation de son film sur la Croisette. Ce que symbolise le ruban blanc du titre que le pasteur fait porter à ses enfants pour leur rappeler qu’on attend d’eux innocence et pureté.
Les hommes, dans le film, font d’ailleurs preuve d’une dureté telle qu’elle s’apparente ni plus ni moins à du sadisme, et cela à tous les niveaux de l’échelle sociale. Preuve que même le vernis culturel ne saurait faire taire les instincts les plus vils. Les femmes ne sont d’ailleurs guère plus épargnées que leur progéniture. A l’instar de la sage-femme (et ex-amante) du docteur veuf et incestueux qui, dans une scène d’une brutalité suffocante, se voit rabaissée plus bas que terre par son immonde employeur. C’est encore l’épouse du hobereau qui finira par refuser la soumission et s’échapper vers l’Italie devant l’étroite obstination et le mépris de son mari qui, fou de rage, congédie tous ceux et cellesqui travaillent à son service sans même se soucier de leur sort.
Si effectivement, le narrateur taira jusqu’au bout le nom des coupables (comment se résigner à dénoncer des enfants ? Et d'ailleurs, à qui la faute, aux enfants ou aux adultes qui les ont élevés ?), la vérité des êtres - au moins celle-là - affleure au gré des événements, des dérapages, des crimes. Amenant du reste le cinéaste à passer de plans larges à des plans plus resserrés, cadrant au plus près les visages des différents protagonistes, ceux-là mêmes qui quelques années plus tard, après l’humiliante défaite de la Première Guerre mondiale, grossiront les rangs des nazis.
Pour autant, se défend le réalisateur de Funny Games et de La Pianiste, son film ne saurait se réduire à une analyse des origines du nazisme. Pour lui, cette réflexion sur l’éducation des enfants et la maltraitance qu’elle peut supposer y compris au nom d’idéaux apparemment louables et justes, n’est le fruit ni d’un régime particulier ni d’un type de pays. En revanche, elle est le résultat de n'importe quel terrorisme, religieux, intellectuel ou politique.
Quoi qu’il en soit, Mickael Haneke n’a pas son pareil pour révéler imperceptiblement les craquelures derrière la façade prétendument irréprochable (les adultes savent, eux) d’une société où les pères en voulant faire le bien ont engendré le mal. Où l'humiliation ne peut engendrer que la violence.
UN FILM FABULEUX à voir sans hésiter...
Bonne journée, bonne soirée,selon la latitude... Pour moi, c'est soirée PISCINE. Je vous embrasse,
Vendredi 13 novembre 2009 Journée de la gentillesse
" L'idée est née au Japon, dans les années 1960, après de violentes altercations entre policiers et étudiants à l'université de Tokyo. Le président de la fac, dans un esprit très peace and love, a alors suggéré que chacun fasse preuve de petites attentions au quotidien pour que, progressivement , la gentillesse inonde le campus, puis la ville et le pays. Ainsi est né le Small Kindness Movement du Japon ( " Mouvement de la petite gentillesse " ); puis, en 1997, le World Kindness Movement, " Mouvement mondial de la gentillesse ", qui compte plus de trois millions de membres dans une quinzaine de pays, dont l'Australie, le Canada, l'Angleterre, l'Italie, Singapour, la Corée du Sud...
Rendre le monde plus gentil, la tâche semblait rude. C'est pourquoi il a été décidé de commencer d'abord par une journée - comme on arrête de fumer. Une journée pour arrêter de fulminer. Et dire bonjour à la dame, sourire à son voisin, etc."
Tapé pour vous, de mon Psychologies magazine, novembre 2009
La France, comme souvent, traîne les pieds... Mais, cette année, c'est chose faite : pour la première fois, Psychologies Magazine lance la journée de la gentillesse qui aura lieu le vendredi 13 novembre.
Mais je reste sceptique... Sur la piste cyclable,les gens que je rencontre, me disent en général bonjour, et ce, quels qu'ils soient : habitués, comme moi, ou pas.Et puis il y a ceux, à qui l'on offre pourtant un sourire, affichent un regard de glace... Là, je me dis, qu'il existe vraiment toutes sortes de gens : les gentils, et les autres... Il y a quelques jours, j'ai croisé un cycliste, qui m'a, comme chaque fois, adressé un mot gentil, et un sourire, à faire fondre, j'avoue que cela m'émeut, et me donne du baume au coeur pour la journée.
Je dirais, que cette journée du prochain vendredi 13 novembre, serait plutôt destinée à ceux, qui sont froids comme des portes de prison.
Les autres, eux, n'ont pas besoin de cette initiative, pratiquant la gentillesse au quotidien...
Quelle est la différence entre un ouragan et un typhon?
Sous le terme générique de cyclone, on parle de «typhons» - un mot d'origine chinoise - dans l'est de l'océan Indien et d'«ouragans» (de l'indien caraïbe «hunraken», ou «dieu des tempêtes») en Atlantique et dans le Pacifique oriental.
Mais il s'agit du même phénomène météorologique engendré par de violentes dépressions tropicales. Potentiellement meurtriers et dévastateurs, ces fléaux très redoutés surviennent à des périodes bien précises de l'année.
La période cyclonique s'étend de janvier à mars dans l'hémisphère sud et de juillet à octobre dans l'Atlantique nord et les Caraïbes. Dans le nord-ouest du Pacifique et la partie nord de l'océan Indien, les cyclones peuvent frapper toute l'année (plus particulièrement de mai à octobre).
Comment se forment-ils?
Un cyclone se forme au-dessus des mers chaudes et nécessite la conjonction de plusieurs conditions : une eau tiède d'une température supérieure ou égale à 26,6 degrés, une quantité suffisante d'humidité dans l'atmosphère, et une perturbation tropicale produisant des vents tourbillonnants.
Au contact de l'océan, l'air devient très chaud et s'élève au-dessus de la mer, ce qui entraîne une chute de la pression atmosphérique en formant une spirale d'air plus frais vers le centre de la dépression.
Cet air instable, chargé de vapeur d'eau, provoque la formation de nuages, produisant une activité orageuse dont l'ampleur croît proportionnellement à la chaleur et l'humidité.
Le cyclone commence à se dissiper quand il touche la terre ou lorsqu'il parcourt des eaux plus froides, se retrouvant ainsi privé de sa source de chaleur.
Perturbation atmosphérique tourbillonnaire, de grande échelle, due à une chute importante de la pression atmosphérique. On la rencontre dans les régions tropicales ; elle est caractérisée par des pluies diluviennes et des vents très violents (jusqu'à 350 km/h), tournant dans le sens des aiguilles d'une montre (hémisphère sud) ou dans le sens inverse (hémisphère nord) ; les vents les plus violents se rencontrent autour de l'oeil, qui est une zone de calme.
Pour identifier les ouragans, les scientifiques les baptisent de prénoms féminins ou masculins, dont l'initiale est fonction de leur rang d'apparition dans l'année et de la région concernée : ainsi Hugo était le 8ème cyclone de l'année 1989 dans l'océan Atlantique, Allison le premier...
C'était à Danang,début novembre dans la partie centrale du Vietnam, l'ANNAM. Comme nous étions là à la période des typhons, je dis à ma belle-soeur " j'ai trop envie de voir un typhon ! ". Milieu de la nuit, nous sommes réveillés par un vent violent, 3 heures du matin, tout le monde à l'hôtel, est à sa fenêtre, pour voir le spectacle incroyable qui se déroule sous nos yeux : un typhon... Le vent arrache tout sur son passage, la pluie est diluvienne, et ma belle-soeur me dit en riant : " tu nous as porté la scoumoune, tu l'as ton typhon ! ". C'est vrai, que c'est excitant, de voir ça, quand on est à l'abri ! Le lendemain, dans les rues, la plupart des arbres sont parterre, c'est un spectacle de désolation, mais les gens conservent ce merveilleux sourire... typique à l'ASIE.
Quelle ne fut pas ma joie, lorsque la ville de Rio a été désignée pour accueillir les Jeux Olympiques de 2016. RIO DE JANEIRO, la ville où j'ai posé pour la première fois le pied sur la terre du Brésil, mon pays d'amour. Jayme, Ilse et tous tes frères, Emilia et Slavo, Katia et Rui, mes amis de là-bas, que j'adore, je pense infiniment à vous, ainsi qu'à tous les Cariocas, à votre ville majestueuse, entre Pain de Sucre et CORCOVADO, Rio, la Splendide, ourlée des plages de Copacabana, Ipanema, Leblon, je pense à nos merveilleux moments ensemble, à notre Amitié indéfectible.
Un bonheur hier soir de me retrouver dans " mon " petit cinéma, pour voir ce film, et m'envoler à nouveau pour le Brésil, mon pays d'amour. Un régal avec le portugais ( film en VO bien sûr ), les repas en famille, sans compter les paysages, l'Océan à perte de vue, le sable fin...
" En vacances à Buzios avec sa famille, le jeune Filipa va vivre ses premières expériences amoureuses et sexuelles. Elle découvre bientôt l'infidélité de son père, un célèbre romancier qui s'est amouraché d'un belle américaine pendant que sa femme noie son mal-être dans l'alcool. Plus qu'un film sur un couple qui implose, A Deriva est d'abord une extraordinaire histoire d'amour entre un père et sa fille. Cette oeuvre sensible débute et se termine d'ailleurs avec eux, les accompagnant tendrement dans leur lévitation sentimentale et édénique.
C'est ensuite un parcours initiatique, le passage à l'âge adulte d'une adolescente qui jouent aux grandes, imitant les frasques de ses parents, jouant au chat et à la souris avec un prétendant ou offrant ses charmes à un homme plus âgé. Cette rébellion est autant une conséquence du trauma familial en train de se déployer qu'une preuve de l'adoration portée à son père. C'est enfin l'échappée belle d'une mère alcoolique, délaissée par l'homme qu'elle aimait, manipulée par ce romancier dont elle ne comprend pas les personnages. Pourtant, ces personnages, ce sont eux.
Heitor Dhalia filme ces corps impatients qui mûrissent, se frôlent, s'enlacent et finissent par se perdre. Sa mise en scène est gagnée par une impression de flottement, magnifiée par les mélodies épurées d'Antonio Pinto (le thème principal au piano est une merveille). Des plages de sable fin, finissent par sortir l'infidélité, la méfiance et la haine. Avec sa photographie rétro baignant dans le sépia, son casting impérial et improbable (Vincent Cassel, l'actrice américaine Camilla Belle, l'actrice brésilienne Deborah Bloch et la révélation Laura Neiva dont c'est le premier film), A Deriva capte avec une délicatesse infinie les tourments du coeur. Cette dérive des sentiments ne vous laissera pas insensible "